Bonjour à tous

 

Le 17 décembre 2017

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Le bulletin n° 18  du bonjour à tous le-chardenois-217x300 CHARDENOIS   est paru

 

 

 

Ce bulletin n°18, comme les précédents n° 16 et n° 17, paraît sous un nouveau site :

chardenois.unblog.fr (http://chardenois.unblog.fr/)

Les bulletins n°1 à n°15 demeurent visibles sur l’ancien site toujours ouvert : moisand.unblog.fr (http://moisand.unblog.fr/).

Les raisons de ce changement sont largement expliquées dans la page d’accueil, à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur ce mot dans le bandeau vert sous le titre du journal. 

Comme pour les  2 précédents bulletins, le Chardenois démontre à nouveau dans ce nouveau bulletin qu’il permet de susciter des retrouvailles avec des cousins perdus de vue et pourtant pas si lointains que çà.

 

Si vous souhaitez ouvrir  directement le bulletin n° 18, cliquez sur ce lien :   

 Bulletin n°18 ** décembre 2017 ** 

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En bas de la présente page, vous trouverez la liste de tous les autres bulletins déjà parus. Il vous suffit de cliquer sur le bulletin de votre choix pour le voir apparaître.

En bas de la page d’accueil, à laquelle vous accédez, comme dit plus haut,  en cliquant sur le mot accueil dans le bandeau vert sous le titre du journal,  vous trouverez également la liste de tous les bulletins et pourrez cliquer sur celui de votre choix.

Comme d’habitude, nous reproduisons ci-dessous des extraits des textes des « bonjour à tous » précédents de façon à ce que ceux qui découvrent le blog  (et/ou ceux qui auraient tout oublié d’un bulletin à l’autre !) trouvent ici de quoi le lire avec aisance :

Pour  lire confortablement un bulletin, mettez-vous en mode “plein écran” en cliquant sur la touche F11 de votre ordinateur. Pour désactiver ce mode, il suffit de cliquer à nouveau sur la même touche.

Dans chaque bulletin, sous certains articles, peuvent apparaitre des albums photos permettant de mieux illustrer ceux-ci. Ouvrir l’album est très  simple : il suffit de cliquer sur « voir l’album » pour que les photos apparaissent. Passer d’une photo à l’autre est encore plus simple et ne mérite pas de commentaire particulier. Pour revenir au texte, il vous suffit de taper sur le X en haut à droite de votre écran.  Plus que jamais ici pour bien voir l’album, il vous est conseillé de vous mettre en mode plein écran comme indiqué plus haut.

De façon quasi systématique, les titres de chaque article sont précédés d’une image réduite à l’état de “vignette”. Pour voir l’image agrandie, il suffit de cliquer sur celle-ci avec le curseur (la flèche se transformant alors en main avec l’index pointé vers le haut). La photo agrandie  apparaît en surimpression au centre de votre ordinateur. En cliquant sur le X ou sur « close » sous l’image, l’agrandissement s’efface pour laisser place au texte là où vous l’aviez quitté. D’autres images insérées dans le texte sont de même nature et peuvent être regardées en agrandi de la même manière.

Les commentaires sont évidemment  les bienvenus.

Ne pas oublier que ce journal ne peut vivre sans l’apport de chaque membre de la famille en documents, photos et propositions d’articles

Ne pas oublier non plus qu’un blog, par nature, c’est ouvert à tout le monde (et pas seulement à la famille !) : raison de plus pour que Le Chardenois demeure un journal de qualité !

 

 

le-chardenois-217x300        Bonne lecture…

 

 

 

 

 

Vous pouvez ici accéder directement au bulletin n°  :

 

Vous pouvez  accéder également ici à l’un ou l’autre des bulletins de l’ancien site : 

 

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Articles récents

Bulletin n°18 ** décembre 2017 ** fondateur : Philippe Moisand

 

 

  dévé074c  Edito                                                

                                                 Philippe Moisand

 

Cette photo des deux lavandières vous donne déjà une première idée des talents de photographe dont Charles Bercioux a fait preuve et que Gaëtan nous révèle un peu plus en détail dans l’article qu’il lui a consacré. Cet artiste polyvalent n’était pas un inconnu pour nos lecteurs, mais il prend aujourd’hui une dimension nouvelle, non seulement avec l’article de Gaëtan, mais aussi par la révélation faite par Geneviève et Daniel qu’il est bien le père de Caroline. Le suspect n°1 a fini par passer aux aveux.

 

On peut même dire qu’il tient complètement la vedette de ce numéro 18 puisqu’il apparaît désormais comme le plus proche ancêtre commun des cousins Moisand, Charbonnier et Dévé que nous avons réunis à Longchamp à la mi septembre pour une mini cousinade dont je vous fais un bref compte rendu. La lecture de l’article que François Dévé consacre à son grand père Charles vous apprend en effet qu’il a épousé Alexandrine, la propre fille de Charles Bercioux et de Claire Charbonnier.

 

Vous avez maintenant en main tous les éléments nécessaires pour comprendre comment Charles Bercioux pouvait être à la fois le beau-frère et le beau-père de Robert Charbonnier. Si vous avez trouvé la réponse, soyez les premiers à nous la communiquer dans vos commentaires; vous aurez peut-être la chance de gagner le prix attribuable au premier qui nous adressera la bonne explication.

Mais là s’arrête l’intrusion inattendue et pour le moins envahissante de Charles B dans notre Bulletin; ne cherchez pas le lien qui pourrait exister entre lui et les catalogues de la Faïencerie dont vous parle Gaëtan, vous perdriez votre temps. Profitez plutôt tout simplement de la lecture de tous les articles qui composent ce numéro. Et garder l’espoir qu’un jour prochain, Geneviève et Daniel pourront aussi nous dévoiler le nom de la mère de Caroline dont la véritable identité reste toujours un mystère.

(photo de titre :  lavandières à Longchamp – photo de Charles Bercioux, 1900)

 

 

 

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DSC_0797blog Une mini cousinade élargie (16/17 septembre 2017)

                                              Philippe Moisand

 

L’oxymore (rapprochement de deux mots en apparence contradictoires) est aujourd’hui très branché. En voilà un nouvel exemple avec cette cousinade que nous avons voulu élargir aux Charbonnier et aux Dévé, tous descendants comme nous de Victor Charbonnier, (et aussi, qui l’eut cru ? de Charles Bercioux), tout en restant dans des limites quantitatives raisonnables en comparaison de la mémorable « grand messe » de 2010.

Et voilà comment une cousinade peut en même temps (comme dirait Macron) être élargie et rétrécie !

C’est en fait au souhait exprimé par nos « nouveaux » cousins  Charbonnier et Dévé  (voir les précédents numéros du Chardenois) de renouer les liens qui les attachent à Longchamp et Salins que nous avons voulu répondre en organisant cette manifestation. Entreprise difficile tant l’eau a coulé sous les ponts de l’Arnison depuis le temps lointain où vivaient nos ancêtres communs, où Robert Charbonnier habitait le Chalet avec sa famille et où Charles Bercioux venait régulièrement en villégiature avec son épouse Claire, la sœur de Robert, dans leur maison du Breuil. Mais entreprise couronnée de succès, si je peux me permettre de nous décerner ce certificat d’autosatisfaction.

dévé001bb Nous étions une petite cinquantaine de participants, équitablement répartis entre les Moisand d’une part, les Charbonnier et Dévé d’autre part, qui ne nous connaissions pas auparavant, à quelques rares exceptions près. La visite du Lycée Henry Moisand, suivie d’une courte halte au pavillon du Breuil et surtout du pique-nique à la Villa ont permis de constater que la mayonnaise avait pris très rapidement. L’après- midi a filé comme un éclair, partagé entre conversations très conviviales, visite de la Villa et surtout séance d’un diaporama inédit,  préparé spécialement pour cette occasion par Gaëtan, qui a ravivé de nombreux souvenirs et aussi permis de découvrir les talents de photographe de Charles Bercioux.

photo en tête de § : le pavillon du Breuil vers 1900 – voir ci-dessous l’article sur Charles Bercioux, photographe à propos de ce pavillon

DSC_0863 b La journée ne pouvait pas se terminer sans le dîner de gala installé dans le hall et le fumoir, précédé d’un cocktail dans la grande salle à manger. Ambiance très festive,  prolongée par quelques discours et la remise par Béatrice, fille de Françoise Dévé, d’une petite statuette signée Henriette Bos, soeur d’Edouard Charbonnier et d’Hélène Charbonnier Moisand, qui désormais trônera (le mot n’est pas inapproprié si on veut bien se souvenir des opinions farouchement monarchistes de l’auteur)  en bonne place à la Villa.

Le lendemain, toute la troupe s’est déplacée vers Salins où Alain Charbonnier, fils de Pierre et petit fils d’Edouard, a eu le plaisir de coucher dans sa chambre d’enfant, la maison familiale de l’époque étant aujourd’hui transformée en hôtel. La visite de la Grande Saline nous a permis de nous abriter d’une pluie persistante, mais celle-ci a eu finalement le dernier mot à la Saline toute proche d’Arc et Senans, où nous avons décidé une dispersion en bon ordre, sans que toutefois n’en soit altérée la bonne humeur des participants réfugiés dans le bistrot du coin.

Pour finir ce rapide compte rendu, je ne résiste pas au plaisir de vous citer des extraits de quelques-unes des nombreuses lettres de remerciements que nous avons reçues :

« Nous voici désormais bien agréablement reliés, ce qui était le souhait profond » (Françoise Dévé).

« Avec un grand merci pour ce week end fort apprécié de toute la branche Charbonnier » (Alain Charbonnier).

« Je n’ose pas vous dire : recommencez un jour ou l’autre » (Marie Hélène Duffour Froissart).  

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On y pense, Mylène, on y pense…

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091c LE COIN DES ANCÊTRES

                            Destins et anecdotes

 

 A l’initiative de Geneviève Moisand, nous tenons cette rubrique depuis le  bulletin n° 15.

Après avoir retracé la vie du capitaine Dumas, celles de Charles Bercioux et de Victor Charbonnier dans les trois précédents bulletins,  Geneviève laisse ici la place  à François Dévé qui évoque  la vie de son grand-père Charles Dévé, ancêtre commun à la branche Dévé.

Marié à Alexandrine Bercioux, fille de Claire Charbonnier et de Charles Bercioux, nièce de Robert Charbonnier, Charles Dévé et sa branche descendante sont de ce fait  proches des branches Charbonnier et Moisand.

Photo de titre : un de nos très lointains ancêtres (!?), gravure rupestre aborigène, Ubirr, Australie

 

 

 

??????????????????????????????? Charles Dévé (1861-1945)

                            François Dévé

 

 

Charles Dévé est né à Paris en 1861.

Son père Eugène (le peintre) avait fait la campagne de Crimée comme trésorier-payeur aux armées, il en ramena un grand nombre de dessins. Très artiste, il fit de la peinture et devint l’ami de Corot, ses tableaux sont pour l’essentiel des paysages de Normandie. Sa femme, Agathe Roisin, était son élève, c’était une femme de tête, lui était plutôt bohème. Ils eurent deux fils : Charles et Emile. 

2017-12-01 22.58.55 Charles entra à l’école Polytechnique en 1881, son frère le suivit 6 ans plus tard. 

Charles suivit les cours de l’Ecole d’Artillerie à Fontainebleau, d’où il sortit lieutenant en 1885.

La famille Dévé allait souvent en vacances dans une maison qu’elle louait à proximité de la propriété des Bercioux à Montfort l’Amaury. Charles-Marie Bercioux et Claire Charbonnier avait trois enfants  : Alexandrine (née en 1870), Eugène (né en 1873) et André (mort à 4 ans).

Très tôt, la jeune Alexandrine avait remarqué Charles, elle fut comblée quand sa mère lui annonça que Mme Dévé la demandait en mariage pour son fils Charles. Nous sommes en 1892… 

dévé040blog Max naîtra en 1893 et Fernand en 1895.  

Ils vinrent souvent en vacances à Longchamp jouer avec leurs nombreux cousins et cousines.

En 1895, Charles alors capitaine fut affecté à l’Atelier de construction de Puteaux, où il eut à fonder l’Atelier d’optique. A cette époque, les Français prennent conscience que les Allemands sont très en avance dans l’industrie optique (Carl Zeiss). L’Etat-Major mit des équipes et des ressources importantes pour combler ce retard. C’est dans ce cadre que Charles mit au point divers instruments, en particulier le fameux collimateur du canon 75. Il  y réalisa le télémètre à dépression pour batteries de côte qui porte son nom.

Ch.Dévé 1916 b A la veille de la Grande Guerre il était en charge de l’arsenal de Tarbes. Il est lieutenant-colonel en 1914, en charge de l’inspection des pièces d’artillerie. En 1916, en poste sur la Somme, il est nommé colonel.

 A l’issue de la guerre de 14-18, il fut affecté à la Direction des recherches et inventions. A partir de 1919, il consacra toutes ses forces à la création, puis au développement de l’Institut d’Optique, avec le rang de directeur, qu’il conserva jusqu’en  1936. Avec son directeur général et ami Charles Fabry, il se dévoua, tout en poursuivant ses travaux  personnels, à l’organisation et à l’administration de la maison, tâche particulièrement ardue au cours des premières années  où tout manquait : le matériel, l’argent et l’expérience. Dés la 1ére année, il créa l’enseignement professionnel destiné à la formation d’ouvriers qualifiés, qui devait par la suite prendre un beau développement, puisque le petit atelier du boulevard Montparnasse, qui débutait avec un moniteur et quelques élèves, est devenu l’Ecole des métiers de l’optique, école d’Etat.

J’emprunte au physicien français, son ami, Albert Arnulf, responsable du laboratoire de recherche de l’institut d’optique qui a bien connu mon grand-père les mots qui suivent :

 « De hautes qualités morales, de modestie, de droiture et de conseils, s’alliant chez lui à une extrême bienveillance et à une humeur toujours égale et souriante. Ses amitiés, réfléchies, étaient définitives. » 

Mes grands-parents Charles et Alexandrine, au dire de mon père, Max, formaient un couple exceptionnel, toujours très accueillant. Durant l’occupation, ils résidèrent chez leur fils Fernand et sa femme tante Bali (Jeanne-Marie, née Lacrouste), leurs enfants : Nicole et Jean-Charles, dans une maison, située quartier du point du jour à Lyon, Max et notre mère Odette (née Dufresnes), leurs enfants résidant quelques mois, dans une maison voisine.

001b  C’est ainsi qu’en 1942, ils purent célébrer leurs noces d’or, entourés de leurs enfants et nombreux petits entants.

A la fin de la guerre, ils retournèrent à Paris pour quelques mois, s’installant rue Cler

 Fin 1945, Alexandrine ferma les yeux de son mari, et le suivit dans la tombe quelques mois plus tard.

 

 

 

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Photo Caroline-1  Le mystère Caroline

                               Geneviève et Daniel Moisand

Caroline Glaçon-Bugny née le 23 mars 1853 à Paris et baptisée le 2 avril 1853

Mariée le 23 septembre 1871 à Paris avec Robert Charbonnier (1846-1905)

5 enfants ( + 1 décédé en bas âge)  : Juliette, Henriette, René, Edouard, Hélène

Décédée le 10 octobre 1935 à Longchamp, à l’âge de 82 ans

 

L’histoire de notre ancêtre Caroline intrigue depuis toujours. Nous aimons en effet savoir qui sont nos ancêtres, ces gens qui nous ont façonnés, grâce à qui nous sommes là et les personnes que justement nous n’arrivons pas à cerner sont celles qui nous fascinent le plus et laissent libre cours à notre imagination.

Or la naissance et l’adolescence de Caroline sont entourées de nébuleuses difficiles, sinon impossibles à démêler.

Certes, nous avons les traditions orales familiales, qui sont à prendre en considération, mais avec un certain recul.

Ainsi, il est admis par tous les descendants, quelle que soit la branche de la famille, descendants directs, soit par Hélène (branche Moisand), soit par Edouard (branche Charbonnier), ou également descendants de Charles Bercioux et Claire Charbonnier (branche Dévé) que Caroline est la fille naturelle de Charles Bercioux.  Si aucun acte ne peut en établir la preuve formelle, les faits que nous allons décrire concordent en ce sens.

La vie de Caroline enfant, puis adolescente, ne peut être étudiée qu’à partir de témoignages oraux. Hélène rapportait à ses propres filles que Caroline avait passé ses 1ères années placée chez un jardinier ; ce souvenir ne peut provenir que de Caroline elle-même et s’il n’existe aucun document qui le prouve, difficile de le remettre en question, de ne pas l’admettre, connaissant le caractère d’Hélène qui ne prêtait guère à des interprétations romantiques ; de même pour son adolescence chez Charles Bercioux, rue Cler à Paris et villa des Tours à Montfort-l’Amaury.

DSC_2197c En acceptant le principe que le père est bien Charles Bercioux, une question se pose, qui est la mère presque perpétuellement absente ? Presque, car Caroline, née de père officiellement inconnu, a pour état-civil le nom de famille de celle qui l’a, elle, officiellement reconnue à la naissance, Joséphine Glaçon-Bugny. (photo en tête de ce § : portrait de C. Bercioux jeune)

Mais nous allons voir que l’acte de naissance, bien qu’intégré dans les registres de l’état-civil, est plus que sujet à caution, comportant des erreurs et omissions importantes et que,  de plus, il a été rédigé … 11 ans après la naissance de Caroline !

En dehors des traditions orales qui se sont perpétuées, nous nous sommes acharnés à rechercher des actes authentiques qui pourraient étayer les faits, soit :

-        Etat-civil de la ville de Paris, mais, une 1ère et importante difficulté : l’incendie de l’Hôtel de Ville en 1871 qui a détruit la plus grosse partie de cet état-civil, lequel a dû être reconstitué, du moins dans la mesure du possible et demeure très incomplet.

-        Dépouillement des actes des officiers ministériels, juges de paix en particulier, partant du principe qu’en l’absence de père, il  aurait dû y avoir conseil de famille, or, au 19ème siècle, cela dépendait des juges de paix – opération longue et fastidieuse, compte-tenu du nombre de juges de paix sur Paris et les autres villes auxquelles des indices nous ramenaient – ces documents, pas toujours complets, sont entreposés dans les Archives Départementales.

-        Dépouillement systématique de tous les actes notariés de l’étude de Me Morel d’Arleux et de son successeur Harly-Perraud à Paris. Cette étude  a en effet établi tous les actes des familles Couad (mère de Charles Bercioux) et Bercioux, et ce dès 1832.

C’est en effet la date du décès du père de Charles  Bercioux, et il nous a paru important de cerner au mieux l’étendue de son patrimoine, qui explique une grande partie de sa vie.

Ces actes sont conservés au Caran (Archives Nationales) à Paris et regroupés dans des cartons qui couvrent environ 1 mois d’activité chacun – il n’existe malheureusement pas de répertoire

 

Photo 012 bbbb Quels sont les actes importants que nous avons retrouvés :

 

1/ Joséphine : Née en 1815 de Pierre Glaçon, toiseur, et d’Alexandrine de Bugny, fille d’un aubergiste du Nord de la France. Elle est légitimée 2 ans plus tard  par l’acte de mariage de ses parents  qui légitime également son patronyme, Glaçon-Bugny.

Elle épouse Joseph Perraud, correcteur d’imprimerie, vers 1836 et l’état-civil reconstitué nous apprend qu’elle aura 3 enfants entre 1838 et 1841.

Elle meurt en octobre 1864, à Vincennes, l’acte de décès révèle qu’elle est séparée de son mari depuis au moins 10 ans, selon les témoins, et qu’elle est dans une situation d’indigence.

 

2/ la naissance de Caroline : L’acte de naissance de Caroline stipule que sa mère est Joséphine Glaçon-Bugny, âgée de 28 ans – or, en réalité, elle en a 38… et on ne mentionne pas le père de l’enfant ni  non plus le fait qu’elle est mariée. La naissance est censée avoir lieu au domicile de la mère de Joséphine, Alexandrine, place des Trois Maries à Parie. Cette place a maintenant disparu, elle était à l’emplacement actuel de la Samaritaine et la Belle Jardinière. C’était, à l’époque, un quartier très populaire.

Mais, le plus troublant de cet acte est qu’il a été rédigé et introduit dans l’état-civil  en 1864, soit 11 ans plus tard et, curieusement, 15 jours avant la date du décès de Joséphine.

 Cet acte est toutefois corroboré par un autre également retrouvé, le baptême, à Saint-Eustache le 2 avril 1853. Le parrain est Charles-Emile Duquesnel, avocat à la Cour et condisciple de Charles Bercioux à la Faculté. La marraine est la grand-mère, Alexandrine de Bugny ; ce qui laisse à supposer que même si l’acte de naissance a été trafiqué, Caroline est bien née aux lieu et date stipulés et que Charles et Joséphine y ont joué un rôle « essentiel ».

 

3/ On ne retrouve aucun acte portant sur Caroline, pendant son enfance et adolescence. Tous les actes retrouvés entre la naissance de Caroline et son contrat de mariage en 1871 sont afférents à Charles Bercioux qui indique, jusqu’en 1858, dans son état-civil sa profession d’avocat, puis ensuite simplement qu’il est « propriétaire ».

Comme déjà écrit dans l’article qui lui a été consacré dans le Chardenois, Charles Bercioux perd son père très jeune, puis sa mère, et il va jouir d’une fortune considérable qui lui permettra, entre autres, d’acheter successivement une propriété à Montfort-l’Amaury et les immeubles de la rue Cler où vivra Caroline.

 

4/ le contrat de mariage de Caroline : ce contrat est signé le 22 septembre 1871, suite à la réunion d’un Conseil de famille le 12.

Ce Conseil est composé, côté paternel, de Charles Bercioux, son frère et son cousin, et du côté maternel, de 3 amis de Charles Bercioux ! Il s’agit bien du 1er et unique Conseil de famille. Le juge  en accepte sans broncher la composition et Charles Bercioux, en sa qualité de tuteur de fait (nommé par qui ?) obtient l’approbation du projet de mariage avec Robert Charbonnier, son beau-frère, et mandat pour signer le contrat de mariage.

Il va constituer dans ce contrat une dot pour Caroline, à peu près équivalente à l’apport de Robert (copropriétaire avec son frère Marcel de l’usine de Longchamp achetée en 1868).

 

Notre interprétation des faits :

 

A la lecture des nombreux documents, auxquels s’ajoute ce qui nous est parvenu oralement au travers des générations, il ne semble effectivement pas faire de doute que Charles  est bien le père de Caroline.

Il la prend totalement en charge à partir au moins du courant des années 1860, la dote, l’aide financièrement encore plus tard (l’argent qui a servi à Robert pour racheter l’usine à partir de 1886 vient de lui), dons importants qui conduisent Robert, dans son 2ème testament, peu avant de décéder, en 1904, à mettre en garde Caroline contre un recours possible des enfants « officiels » de Charles Bercioux, les dons reçus de ce dernier pouvant avoir excédé la quotité disponible.

 Toutefois, s’il se conduit en père, il ne la reconnaitra jamais. Son mariage avec Claire en 1866 peut être une explication. En effet, il lui faut bien alors mettre les choses au point car Caroline vit avec lui. Nous pensons que Claire accepte la situation à une condition, c’est que Caroline ne puisse jamais disputer l’héritage de son père à ses demi-frères et sœurs à venir.

 Mais  si on trouve facilement une explication à compter de l’adolescence de Caroline, pourquoi ne pas l’avoir reconnue à sa naissance ? Charles Bercioux, célibataire,  peut vouloir éviter à sa mère, toujours vivante, ce qui serait considéré comme un scandale dans le milieu qu’ils fréquentent. Peut-être même est-ce sa mère elle-même qui, souhaitant protéger son avenir (il n’a qu’une trentaine d’années) le persuade de n’en rien faire.

Ajoutons à cela, pour en terminer avec l’ascendance « paternelle » de Caroline que sa filiation avec Charles Bercioux semblait parfaitement claire pour les témoins de l’époque, à preuve, outre le testament de Robert déjà mentionné, une lettre de Marcel Charbonnier (frère de Robert et Claire) adressée à Caroline, non datée mais manifestement écrite dans les années 1910, où il lui parle sans ambiguïté de son père, Charles Bercioux…

 Mais si Charles est bien le père de Caroline, qui est sa mère ?

Comme on l’a vu, les quelques documents sont sujets à caution, un acte de naissance truqué, un conseil de famille « arrangé », rien donc qui puisse fournir une preuve formelle, simplement des hypothèses et, finalement, une interprétation qui peut considérablement varier suivant les personnes.

Bien qu’ayant recherché ensemble et étudié les mêmes éléments, nous aboutissons en effet avec Geneviève à 2 hypothèses très différentes. Aux lecteurs de faire leur choix… ou d’en trouver d’autres.

 

RC photos 053 Hypothèse de Daniel :

 Beaucoup d’hypothèses ont été émises, ne reposant sur rien, sinon peut-être la beauté de la situation : Joséphine aurait été engagée comme prête-nom et ce serait en fait une jeune femme de bonne famille qui serait la mère. Certains l’imaginent noble, d’autres italienne (les deux ne sont pas incompatibles), qu’importe.

Il est vrai que de telles situations ont pu se rencontrer au 19 ème siècle, la jeune femme en question aurait accouché clandestinement et Charles Bercioux, homme d’honneur, aurait fait le nécessaire vis-à-vis de l’enfant. 

Mon intime conviction (voilà qui devrait plaire à mes cousins avocats) est que la vérité est bien plus simple et que Joséphine est bien la mère de Caroline. C’est une femme de petite condition, qui pourrait se retrouver au service de Charles Bercioux et de là un accident peut arriver …

Comme déjà vu, son acte de décès en 1864 stipule qu’elle est séparée de son mari depuis au moins 10 ans, c’est-à-dire depuis au moins la naissance de Caroline. Ce dernier n’a certainement pas accepté la situation, d’où la séparation.

Charles Bercioux financerait alors la mise en pension  de Caroline, mais, 10 ans plus tard, le décès proche de Joséphine va remettre tout en question car Caroline alors dépendrait de son père putatif, Joseph Perraud. Il n’y a en effet jamais eu de divorce, ce que ne peut accepter Charles.

Avec ses amis du Barreau, il reconstituerait alors l’acte de naissance en brouillant les cartes, aucune allusion au mari, rajeunissement de Joséphine. Cet acte sera substitué à celui d’origine, n’oublions pas que nous sommes au 19 ème siècle et que beaucoup de choses sont possibles, l’Administration n’a rien à voir avec celle d’aujourd’hui … Puis, après le décès de Joséphine, il assume (sa propre mère est alors décédée elle aussi) et prend Caroline avec lui, mais le mariage avec Claire l’empêchera d’aller jusqu’au bout, la reconnaissance de paternité.

Ce type de manipulation se répètera comme déjà vu avec le Conseil de famille !

Je sais que mon hypothèse n’est pas très attrayante, une personne de haute condition ferait mieux dans notre tableau familial, mais, après des mois, si ce n’est des années de recherche dans les documents, c’est celle qui pour moi est la plus vraisemblable.

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IMG_4292b Hypothèse de Geneviève :

Joséphine, mère de Caroline ? Je n’y crois pas. Les milieux fréquentés sont trop différents.

Bien sûr, la possibilité que Joséphine ait pu être domestique chez Charles Bercioux reste envisageable, mais Joséphine a 38 ans, soit 8 ans de plus que Charles. Elle a eu 3 enfants et elle est de condition modeste. A l’époque, ces éléments font d’elle une femme « déjà » presque vieille, ce n’est pas une tentatrice très plausible.

Charles est jeune, bel homme, libre et fortuné ; les occasions ne doivent pas lui manquer. Le mariage ne semble pas l’intéresser pour le moment. En revanche, il fréquente un milieu d’artistes, peintres, musiciens, etc.

Il est donc beaucoup plus vraisemblable que la « vraie » mère de Caroline gravite dans cette sphère, aux mœurs plus libres que celles de la bourgeoisie du XIXème siècle.

Par ailleurs, après les nombreuses recherches faites sur Charles, il m’apparaît comme un homme honnête et plutôt généreux, et j’ai du mal à imaginer qu’il puisse laisser la mère de sa fille vivre et mourir dans « l’indigence ».

La descendance de Charles et de Claire Charbonnier a toujours entendu parler d’une danseuse, ou d’une chanteuse, de surcroît peut-être italienne. Il y a aussi la théorie de la femme de militaire rencontrée dans un concert…

Cette version est une tradition orale transmise par Claire (nul doute qu’elle était la mieux placée près de Charles pour le savoir), et elle en parlait sans doute plus librement que n’en parlait Caroline ou même Hélène plus directement concernées par cette « erreur de jeunesse ».

Bref, pour moi, Joséphine est bien un prête-nom, probablement payé pour assumer la maternité officielle, solution qui n’est pas un cas unique à cette époque dans les milieux aisés.

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OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA Cet article a, en fait, été écrit il y a plusieurs mois pour une publication dans le dernier Chardenois. L’importance des autres articles de ce numéro avait fait reporter cette publication.

Dans cet article, nous admettons sans problème la paternité de Charles Bercioux. Aucun document officiel n’existe donc et, cependant, lors d’une visite chez notre cousin Bertrand Dévé, ce dernier nous a montré un petit carnet qu’il venait de retrouver dans un meuble ancien, un secrétaire italien dévolu en héritage, qui avait appartenu à Charles Bercioux, une photo de son salon fin du 19ème siècle en faisant foi.

Ce carnet est un extrait d’un journal que Charles tenait, couvrant au jour le jour les évènements de janvier à mars 1871, alors qu’il était à Montfort l’Amaury, avec son épouse Claire, sa fille Alexandrine, bébé de 4 mois, et Caroline.

Et, dans ce carnet, reflétant sa vie sous l’occupation prussienne, Charles, à plusieurs reprises, parle de sa fille Caroline, notamment :

8 janvier : « Nous remplissons nos devoirs religieux en communiant avec ma femme et ma fille … »

17 janvier : « Le dégel continue, nous allons aux Mesnils, ma chère femme et ma chère fille vont faire cadeau d’une casaque doublée à une personne vieille qui depuis longtemps est couchée sur un grabat. Que j’aime à les voir si charitables et si disposées à faire le bien … »

Ce qui lève complètement le doute sur l’ascendance paternelle, restera toujours celui qui plane sur la mère de Caroline …

 photos en tête de cet additif : 2 pages du carnet de Charles Bercioux

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Caroline et Alexandrine

“en même temps” : tante et nièce et demi-soeurs

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dévé059c Charles Bercioux, photographe                                                            

                                              Gaëtan Moisand

 

dévé062d  La photo ci-contre, nous l’avons découverte grâce à Alain Charbonnier en fin d’année 2015. Pour la première fois, nous pouvions « voir » le visage de Charles Bercioux.  Et, tout naturellement, cette photo fut choisie pour  illustrer l’article de Geneviève Moisand : “l’énigmatique Charles Bercioux” (bull. n°16 / février 2016).

Au-delà du plaisir de cette découverte, certains de nos lecteurs ont peut-être été intrigués, comme moi, par l’objet que C. Bercioux  tient à la main.

paris-photo 3b  Par  le plus grand des hasards, je feuilletais quelques jours après la publication du bulletin n° 16, chez des amis spécialistes en photos anciennes, un exemplaire d’une vieille revue,  “Paris-Photographe” fondée par Nadar. Dans son numéro daté de décembre 1893, Paris-Photographe présente l’un des premiers appareils photographiques portables, avec à l’appui quelques croquis, que l’on peut découvrir dans la reproduction de l’article en tête de ce §. La ressemblance avec l’objet que tient C. Bercioux est frappante.

Découverte excitante : nous savions déjà  grâce à Geneviève Moisand que Charles Bercioux était un artiste ; nous découvrons qu’il était également photographe.

Mais découverte en même temps frustrante : les photos de Charles Bercioux n’étant pas arrivées jusqu’à nous, nous pouvions en conclure  que ses photos étaient perdues à jamais.

 

La surprise fut énorme (et l’émotion aussi !…) de découvrir quelques mois plus tard chez Françoise Dévé (1) deux albums de photos prises par Charles Bercioux.

Photos en bon état de conservation : Charles Bercioux a certainement pris grand soin du tirage et du développement de ses photos. L’un des albums notamment contient des photos agrandies sur papier d’une qualité telle qu’elles sont assez peu altérées par l’usure du temps.

Photos de bon niveau artistique par ailleurs : son regard, ses thèmes, ses cadrages, ses mises en scène (cf. la série des portraits) font de lui un excellent photographe. Ce n’est après tout pas si étonnant pour quelqu’un qui savait dessiner et peindre comme nous l’avons appris grâce à  Geneviève.

Les photographies de Charles Bercioux présentent un autre attrait,  elles ont été prises pour une grande part à Longchamp, vers 1898-1900.

Bien qu’en cette fin de siècle, le village soit de plus en plus centré sur son activité industrielle (la Faïencerie), c’est la vie rurale qu’il privilégie, certainement parce que le sujet le motive, peut-être aussi parce qu’il n’était sans doute pas évident de prendre des photos à l’intérieur de l’usine. L’agriculture occupe encore bien des villageois à Longchamp. Les labours, les récoltes, la fenaison, les travaux de bûcheronnage  en forêt ont la part belle parmi les photos de C. Bercioux,  mais aussi l’habitat (les fermes et les maisons aux toits de chaume et aux murs en torchis) et l’habitant (aux champs, devant sa maison  ou encore à la fête du village).

Nous présentons ici une sélection de photos du village réunies par  thèmes : l’habitat, l’habitant, les travaux des champs, la forêt, la fête au village.

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 l’habitat

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l’habitant

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les travaux des champs

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  la forêt    

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 la fête au village

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La fête de Longchamp a lieu traditionnellement le jour de l’Assomption, le 15 août. La fête commence religieusement, à l’église et en procession dans le village, et se poursuit, à l’époque où C. Bercioux prend ces photos, par des jeux sur les prés du Breuil.

Ceux-ci, acquis dans les années 1890 par Robert Charbonnier, font face au Château, de l’autre côté de la rue du Pont (aujourd’hui rue du Lycée), et jouxtent le cours de l’Arnison  jusqu’au ruisseau qui descend de l’étang de la Tuilerie ; ils ont progressivement fait place au cours du XX ème siècle à un stade et à ses tennis, à des  terrains de foot et à un  lotissement d’une trentaine de maisons.

Dans les albums des photos de Charles Bercioux, on trouve également des portraits de personnes de la famille, prises le plus souvent devant la résidence des Bercioux à Longchamp, le “Pavillon du Breuil”, petite maison en brique rouge, qui existe aujourd’hui encore et qui est située en face de l’entrée du lycée Henry-Moisand. Cette maison a été achetée par Charles Bercioux en 1897, elle sera revendue par ses héritiers en 1910. La dénomination “Pavillon du Breuil”,  est restée dans la mémoire collective des Dévé, alors qu’elle  ne fait pas partie, bizarrement,  de celle des Moisand.

Charles Bercioux a acheté cette maison à un instituteur, Claude Damongeot (1814-1902), un arrière-grand-oncle de Jacqueline Damongeot, que bon nombre des lecteurs familiaux du Chardenois connaissent bien. Les Damongeot sont originaires de Premières,  petit village tout proche de Longchamp, où s’est développée dès le XVIII ème siècle une faïencerie, antérieure à celles qui naîtront plus tard  autour de la grande forêt (Villers-les-Pots et Longchamp). Bon nombre de maisons de Premières sont en brique, sans doute parce qu’avant la faïencerie voire en parallèle à celle-ci existait une tuilerie-briqueterie. Claude Damongeot en construisant sa maison à Longchamp a peut-être voulu le faire à la manière de son village d’origine. De plus, son statut d’instituteur et ses moyens financiers lui permettent  probablement de construire une maison qui ne soit pas en chaume et  torchis. 

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les portraits de famille

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de g à dr : Eugène Bercioux, Alexandrine Bercioux Dévé, Claire Charbonnier Bercioux, Robert Charbonnier, Juliette Charbonnier Joran

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De ces portraits, le seul qui était parvenu jusqu’à nous, côté Moisand, était  celui de Robert Charbonnier. Nous ne savions pas jusqu’alors que le photographe était Charles Bercioux, ni que la photo avait été prise  devant la maison de celui-ci à Longchamp.

Pour finir, voici une photo que je trouve magnifique, elle représente Robert Charbonnier et l’un de ses fils, sans doute René,  à cheval devant le château de Longchamp. Photo qui nous rappelle que le cheval était “la distraction favorite de Robert Charbonnier” (Christiane Moisand Bernard, in “la saga des Charbonnier-Moisand” 2001).

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(1) Françoise Dévé née Lesieur est la veuve de de Jean-Charles Dévé, lui-même fils de Fernand Dévé et petit-fils de Charles Dévé. Nous lui rendons hommage ici pour le chaleureux accueil qu’elle a réservé en mai 2016 aux cousins Moisand (Geneviève, Daniel et moi-même) en présence de cousins Dévé ( les uns et les autres se découvrant mutuellement !) et nous la remercions vivement d’avoir bien voulu nous ouvrir ses dossiers familiaux et nous autoriser à scanner les albums photos de Charles Bercioux, dont une sélection vous est présentée ici. Elle détient également quelques trésors familiaux comme le très beau tableau représentant Charles Bercioux jeune (reproduction insérée dans l’article sur Caroline), mais aussi  les portraits de Victor Charbonnier (insérés dans l’article sur celui-ci dans le bulletin précédent) dont un est imprimé sur un carreau de la Faïencerie de Longchamp . Ce qui n’est pas totalement étonnant si l’on se souvient que les frères Charbonnier, Robert et Marcel, ont déposé un  brevet d’impression photographique sur faïence en 1877)

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 “ Le photographe du village”, c’est le titre d’un diaporama que j’ai réalisé  à l’occasion de la cousinade Charbonnier-Dévé-Moisand de mi-septembre 2017. Le photographe du village, c’est bien sûr, Charles Bercioux.

Le diaporama peut être visionné et même téléchargé, en cliquant sur le lien suivant :

(à condition de le faire dans le mois suivant la parution de ce bulletin ) 

 vimeo.com/237624783

Par ailleurs, on peut voir, et même télécharger,  une sélection (plus complète que celle présentée ici)  de photos prises par Charles Bercioux en cliquant sur le lien ci-dessous :

( même remarque que pour le diaporama)

vhttps://www.dropbox.com/sh/81f18pifnfjigiv/AABxomDk-pICJe2xp_mA2_oMa?dl=0

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DSC_0005b Catalogues de la Faïencerie
                                                 Gaëtan Moisand
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La Faïencerie de Longchamp a édité sur une longue période des catalogues dont la vocation était de présenter les produits  et leurs tarifs. Il est probable que le rythme de parution de ces catalogues ait été annuel, à compter de  1868 (date de l’acquisition de la Faïencerie par les frères Charbonnier et jusqu’à la 1ère guerre mondiale.
Par un heureux concours de circonstances,  j’ai pu avoir accès  à plusieurs d’entre eux. Les feuilleter les uns après les autres, c’est une bonne manière de parcourir l’histoire de la Faïencerie. C’est aussi, pour les collectionneurs, une occasion de situer ce que l’on possède ou ce que l’on achète ( les catalogues de 1909 et 1912 sont  les plus précieux).
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 WIN_20171125_11_08_02_Pro b Le catalogue de 1874
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Qui pouvait  imaginer découvrir un catalogue aussi ancien : 1874,  c’est six ans  à peine après l’arrivée des Charbonnier à Longchamp.
Le catalogue est celui de la “Manufacture de Faïence de Longchamp”. Sous cet intitulé, se trouve la mention “Charbonnier Frères” :  c’est la première période de l’histoire de la Faïencerie Charbonnier-Moisand, elle commence  avec le rachat de la Faïencerie  par les frères Robert et Marcel Charbonnier à Mr Phal le 6 août 1868 (voir : bulletin n°  8 ** avril 2011 **  ).
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L’editorial du 1er janvier 1874 réserve une surprise : 
“ Un incendie considérable détruisit l’année dernière une partie importante de nos bâtiments. Nous avons pu néanmoins continuer à fabriquer un peu sous des abris provisoires, de façon à maintenir autant que possible nos assortiments. Mais malgré des sacrifices importants, nous n’avons pu satisfaire autant que nous l’aurions désiré les personnes qui voulaient bien nous adresser des demandes. Aujourd’hui notre établissement est rétabli, la partie neuve est reconstruite avec les améliorations qui répondent aux besoins actuels et nous espérons que vous voudrez bien nous accorder votre confiance comme par le passé….”
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WIN_20171125_11_09_29_Pro b Bien que dénommée Manufacture de Faïence, l’usine des Charbonnier fabrique encore en 1874 des produits très traditionnels que l’on s’attendrait plutôt à voir sortir du four d’une poterie. Certes, quelques  produits sont émaillés, mais pas tous loin de là et quelques-uns ne le sont que partiellement : les  cafetières sont ainsi « blanc dedans » et « brun dehors », elles sont de plus dénommées « terres à feu », ce qui laisse entendre qu’elles sont en argile brun résistant à la chaleur. Même chose pour  les coquelles (ou cocottes)
Les soupières ne sont pas émaillées, à l’exception d’une seule dite « forme porcelaine », présentée comme pouvant être blanche, bleue ou peinte.
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WIN_20171125_11_09_55_Pro b  On peut découvrir d’autres caractéristiques de la Faïencerie dans son premier âge  : un nombre réduit de produits ; l’absence de « services de table » ( il y a certes 5 formes d’assiettes, les « calottes », brunes, blanches ou peintes ;  une assiette percée à fromages ; 3 formes de saladiers et 5 formes de soupières, mais on est loin de services de table complets,  aux formes et décors différenciés) ; la prédominance des produits autres que ceux de la table  :  les bures à huile, les pots à soupe, les cruches, les écuelles et les bols, les pots de chambre classiques et les polonais, etc. ( voir les photos qui illustrent les § sur le catalogue de 1874)

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WIN_20171125_11_11_21_Pro b Pour conclure, la Faïencerie de Longchamp n’est pas encore passée en 1874 à la production d’une faïence fine. Pourtant selon la légende, Marcel Charbonnier serait parti en Angleterre dès l’acquisition de la Faïencerie en 1868 et serait revenu quelques mois plus tard  pour mettre en oeuvre à Longchamp les techniques modernes de composition de la terre de faïence : la fameuse « terre de fer » qui désigne une faïence fine, à laquelle sont mêlés du feldspath et du kaolin, pour la rendre plus blanche et plus résistante.
 Marcel est sans doute parti et revenu plus tard. En effet, la guerre de 1870 éclate quelques mois après l’acquisition de la Faïencerie,  Robert la fait, les deux frères ne  sont donc de nouveau à pied d’oeuvre ensemble  à Longchamp qu’ au début de 1872.
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Catalogue LGCHP p0b Le catalogue de 1909
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Bien que publié 4 ans après la mort de Robert Charbonnier, le catalogue 1909 affiche encore son nom et sa qualité de « propriétaire ». Tout semble figé comme si la succession n’avait pas encore commencé !
C’est pourtant en 1909 qu’une crise de gouvernance éclate : Caroline, veuve de Robert et héritière de la Faïencerie, fait appel à ses gendres pour conseiller et contrôler ses fils, sans doute à  la suite de graves difficultés économiques et financières. Les fils refusent cette mise sous tutelle.  Édouard, aidé par sa belle-famille, fait l’acquisition de la Faïencerie de Salins.
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 Le catalogue de 1909 est intéressant à plus d’un titre, car il présente de façon  exhaustive toute la production de la Faïencerie et donne une idée assez précise de la production  de la 1ère décennie du 20ème siècle.
Il fournit de plus des informations précieuses sur la répartition de la production entre les grandes catégories d’objets. La  part des produits autres que ceux entrant sous le libellé « services de table » est en effet prépondérante. Ils représentent  15 pages du catalogue quand les services n’en occupent  que 5.
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Catalogue LGCHP p14blog Les garnitures de toilette : le broc et la cuvette de plusieurs  dimensions, le seau, le porte-savon, le bain de pied, le vase de nuit sont déclinés en 11 formes  et 11 décors (dont 8 en impression et 3 peints).
Catalogue LGCHP p42blog Les vases, vasques, cache-pots et garnitures de cheminée sont présentés avec une extraordinaire variété de formes et de décors. 
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Catalogue LGCHP p4blog Les services de table sont produits sous 12 formes (Cannelé, Renaissance, Pothuau, Feston, Argent, Moscou, Dupleix, Tokio, Octogone, Martha, Henri II, Dubarry) et 60 décors imprimés ou coloriés sous émail.
La plupart des décors ne sont déclinés que sous une seule forme. Par contre les formes sont  proposées avec plusieurs décors. Ainsi la forme  la plus commune, Renaissance,  est utilisée sur 10 décors différents, dont Exotique, et Donjon en imprimé et Villa en colorié,  la forme Dubarry sur 2 : Trianon et La Guérinière.
Citons parmi les  décors «  coloriés sous émail » : Aubépines, Anémones, Callot, la Guerinière,  Rouennais, Saxe, Sylvia, Trianon.
Et  parmi les décors imprimés : Donjon, Exotique, Louis XVI, Lilas, Sapho, Velléda, Veneur.  
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catalogue 1912 0 blog Le catalogue de 1912
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C’est un catalogue très complet, plus étoffé que le précédent, parce que la tarification y est plus détaillée. 
Les garnitures de toilettes et les pièces dites « artistiques » (vases, vasques, garnitures de cheminée, …).ont la part belle.
Si les formes et décors des services de table évoluent peu d’un catalogue à l’autre, on remarque  deux disparitions (la forme Octogone avec son décor Rouen impression et la forme  Tokyo avec 2 décors qui disparaissent également) et une nouveauté : la forme Limoges.
Outre ceux déjà cités, quelques décors ont disparu : le Louis XVI, l’Aubépine, le Cyclamen, le Sapho. Mais in fine, le nombre de décors est toujours aussi impressionnant :  30 en impression et 25 coloriés sous émail.
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catalogue 1912 4b Parmi les nouveaux décors, le Moustiers mérite une mention particulière, car il connaîtra une fortune durable tout au long du XXème siècle, sous ce nom et sous d’autres encore (Viry, Olérys,…).
 
Au-delà de sa vocation première (présenter la collection et les prix), le catalogue de 1912 permet de suivre l’évolution de la Faïencerie dans sa gouvernance. Cette fois, ce n’est plus comme en 1909 Robert Charbonnier qui est le propriétaire, mais « Veuve Robert Charbonnier et Cie ». La crise a eu pour conséquence d’éloigner les fils de leur mère, c’est elle désormais la propriétaire . Le « …et Cie »  laisse penser toutefois qu’elle n’est pas seule propriétaire, mais qu’elle partage la propriété de l’usine, avec tous ses enfants ou peut-être avec ses seules filles Juliette Joran  et Hélène Moisand,  épouses des « gendres » qui  ont provoqué le départ des fils  (Edouard pour la Faïencerie de Salins, qu’il rachète en 1912 précisément).
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catalogue non daté p1 b Le complément du catalogue 1912
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On ne peut guère parler de catalogue concernant ce document, tant il est de taille modeste : 3 pages seulement.
Il s’intitule « dernières créations », c’est probablement un complément du catalogue 1912, publié au début de l’année 1913.
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En 1ere page, 3 formes de services de tables sont présentées , les formes Argent, Limoges et Alise. Seule cette dernière  est  une véritable création. En 2ème page, figurent  4 formes nouvelles de garnitures de toilette, dont la forme Hélèna, en hommage à Hélène Charbonnier Moisand.
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Maïs c’est la mention en 1ère page du nouveau propriétaire, la Société Anonyme des Faïenceries de Longchamp, qui retient l’attention. Les administrateurs-délégués en sont Marcel Joran et Gaëtan Moisand. Pour bien marquer la continuité avec le passé, il est souligné que tous deux sont « gendres de Robert Charbonnier, ancien propriétaire et fondateur » .
Le 5 décembre 1912, en effet, a été créé cette société nouvelle, qui reprend l’activité de la Faïencerie. Pour ce faire, les épouses des gendres, Juliette et Hélène, font apport de l’ensemble des actifs permettant de poursuivre l’exploitation de la Faïencerie (fonds de commerce, biens immobiliers, machines et matériels, stocks, …) Cet apport évalué à 300 000 F est complété par un apport en numéraire de 50 000  F de 7 personnes dont les gendres, le tout constituant le capital initial de la Société. Les deux sœurs détiennent ainsi à elles deux 600 des 700 actions de la SA des Faïenceries de Longchamp.
On peut supposer qu’avant la constitution de cette société, Caroline a désintéressé d’une façon ou d’une autre (non connue à ce jour) son fils René et sa fille Henriette. Edouard, quant à lui, a déjà renoncé à la succession de son père moyennant une indemnité forfaitaire de 25 000 F.
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catalogue art deco 05blog Le catalogue de prestige de 1920
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Sa taille est vraiment modeste, à peine au-delà de celle d’une carte postale ; son volume également, 9 planches seulement, ne présentant qu’une vue très partielle de la production de la Faïencerie à la date de sa parution. Et pas de tarif, pourtant toujours présent dans chacun des catalogues connus de la Faïencerie.
 En photo de titre de cet article sur les catalogues, la reproduction de la page de couverture de ce mini-catalogue ;  immédiatement ci-dessus et ci-dessous, 3 des des 9 planches.
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On peut le présenter comme un prospectus commercial ou un objet de prestige, il utilise un papier de qualité et une technique irréprochable  d’impression de photographies dont certaines en couleur. 
Sur les 9 planches, 4 présentent des services de table, 4 des garnitures de toilette, 1 des vases, vasques et porte-parapluies.
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catalogue art deco 02blog Sur une des planches, deux décors nous sont familiers, le Callot et le Rouennais, sur la forme la plus utilisée de l’histoire de la Faïencerie, la forme Argent. Sur une autre planche, une formes déjà ancienne, la forme Martha avec ce superbe décor, le Velars, qui est de création récente. 
Les garnitures de toilette  conservent une place importante puisqu’elles occupent autant de planches que les services de table. Ce sont sans doute les dernières années des cuvettes et des brocs de toilette, car l’eau courante commence à se généraliser en France. On peut imaginer les difficultés pour la Faïencerie lorsque les ventes de garnitures de toilette  ont commencé à se tarir pendant l’entre-deux-guerres. 
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Ce catalogue est difficile à dater. Le graphisme des lettres de la page de couverture, d’esprit Art Nouveau (proches des lettres des stations de métro Guimard ou encore des affiches de Mucha) peut laisser penser à une parution entre 1895 et 1905. Mais les pièces de faïence avec des formes et des décors nouveaux font pencher pour une parution plus tardive, entre 1920 et 1930. En effet, les décors des  cuvettes et brocs de toilette sont  très représentatifs de l’Art Déco, de l’entre-deux-guerres (formes Beauvais et Suzy avec un décor Vapo).
catalogue art deco 06blog La forme Imperator avec son décor Carquois confirme cette hypothèse. C’est une forme originale avec un décor assez classique. Un modèle  de  broc Imperator/Carquois figure dans les collections de la Villa de Longchamp, sa « signature » au dos est  caractéristique des années 1920-1930.
 
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L’absence de catalogues  après 1912 (le dernier présenté est plus un prospectus qu’un catalogue comme nous l’avons vu) peut laisser à penser que cette pratique s’est tarie avec l’arrivée des nouveaux dirigeants. Les moeurs commerciales ont dû changer après la Grande Guerre et  l’édition de catalogues avec des prix fixes pendant un an  n’est plus dans l’air du temps à une époque d’instabilité monétaire. De plus, les Grands Magasins   prennent une place déterminante dans la clientèle de la Faïencerie, avec des  tarifs distincts de ceux appliqués à la clientèle traditionnelle des  grossistes régionaux.
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Mes remerciements vont aux « donateurs »,  Hélène Blanchot,  étudiante à l’Université de Bourgogne, qui prépare un mémoire sur les créations de la Faïencerie de Longchamp. C’est elle qui a découvert le catalogue de 1874. Mes remerciements également à Aleth Duffour Levrey et à Guy Moisand qui m’ont fait découvrir les catalogues 1909 et 1912, si complets qu’il devrait permettre à tous les collectionneurs de s’y retrouver un  peu plus aisément.
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Les photos des catalogues peuvent être vues et téléchargées en cliquant sur les liens suivants :
(à condition de le faire dans le mois suivant la parution de ce bulletin )
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En  complément de cet article, vous pouvez regarder et également télécharger deux diaporamas préparés pour la mini-cousinade de septembre en cliquant sur les liens indiqués ci-dessous :
(même remarque que pour les photos de catalogue) :
- La Faïencerie de Longchamp en 1900 (9 mn) : vimeo.com/236248270

- Faïence, faïences… (12mn30) :  vimeo.com/235179762

 

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Photo editing_Cloud20171209  Yvonne Guyot Moisand, un merveilleux sourire
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Il y a quelques jours, le 6 décembre, Maman est partie. Elle va rejoindre son mari, André, et Mi-Jo, notre sœur.

Elle allait avoir 99 ans.

Ceux qui l’ont connue conserveront d’elle un souvenir de gentillesse et de bienveillance et surtout son merveilleux sourire.

(Daniel Moisand)

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Bulletin n° 17 ** décembre 2016 ** fondateur : Philippe Moisand

 

   

  Numéro spécial

            Dévé

 

 

dévé077d  Edito

                                               Philippe Moisand 

 

Notre dernier numéro était consacré aux Charbonnier. Avec celui-ci, nous continuons de remonter et d’élargir le fil de notre histoire en ouvrant nos colonnes aux Dévé. J’imagine que ce nom ne dit rien à la majorité de nos lecteurs et que les plus anciens d’entre nous n’en savent pas beaucoup plus que la participation d’un cousin éloigné du nom de Max Dévé au succès du premier vol Paris-Nouméa dans les années 30.

Et pourtant, ils sont tout proches de nous et seuls les hasards de l’histoire, mais aussi la taille respectable de chacune des trois branches issues de Victor Charbonnier, ont fait que les liens se sont progressivement distendus avec le temps. Nous entendions bien la petite musique de Nicole Bernard/Girard demandant avec insistance d’en savoir plus sur les Dévé dont lui parlait régulièrement sa mère Christiane. Mais il aura fallu le rapprochement récent avec la branche Charbonnier et la réactivité de nos trois grands reporters, Geneviève, Daniel et Gaëtan, pour raccrocher les wagons. C’est peut-être le début d’une belle histoire qui pourrait déboucher un jour sur l’organisation d’une cousinade élargie. Mais n’anticipons pas…

…et partons à la découverte de cette branche Dévé si méconnue dans nos rangs. D’abord, avec l’arbre généalogique présenté par Daniel qui vous aidera à mieux comprendre les liens entre les trois branches, puis avec l’histoire et le portrait, que retrace Geneviève, de Victor Charbonnier, notre ancêtre commun.  Enfin et surtout, avec le récit de l’exploit de Max Dévé par son fils Bertrand à qui nous avons largement ouvert nos colonnes.

D’aucuns regretteront peut-être que nous continuions de nous intéresser exclusivement au passé. C’est vrai et c’est aussi mon regret de n’avoir pas su  convaincre les jeunes générations de nous proposer des sujets plus actuels. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Et puis Le Chardenois est toujours vivant, tissant des liens enrichissants avec nos lointains cousins Charbonnier et Dévé, et je dois ici en remercier vivement Geneviève, Daniel et Gaëtan, ses plus ardents défenseurs, sans la persévérance desquels il ne serait plus aujourd’hui qu’un agréable souvenir.

  photo de titre : Charles Dévé, sa femme Alexandrine, née Bercioux, et leurs enfants, Fernand  et Max 

 

 

 

 

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Claire Charbonnier c Liens et descendances Charbonnier-Dévé-Moisand

                                   Daniel Moisand

 

Les « retrouvailles » avec la branche « Charbonnier » il y a un an, nous ont donné l’envie de partir à la recherche de l’autre branche familiale perdue de vue, les « Dévé ».

Une très sympathique rencontre avec Bertrand Dévé et son épouse a d’abord eu lieu début mai dernier et, quelques semaines plus tard, leur cousine Françoise nous a gentiment conviés, avec Gaëtan, à une « mini cousinade » chez elle, rue Cler à Paris, dans cet immeuble qui avait été acheté par Charles Bercioux et où a vécu Caroline, notre arrière-grand-mère.

Plaisir double, puisqu’outre faire la connaissance de nos cousins Dévé, nous avons pu découvrir les trésors (tableaux, photographies, assiettes Longchamp « inédites », témoignages écrits) recueillis par Françoise, retraçant l’histoire de la famille Bercioux–Charbonnier au long du 19 ème siècle et première partie du 20 ème.

Parmi ces trésors, citons le portrait de Victor Charbonnier – inséré plus loin dans un article qui lui est consacré – imprimé sur un carreau de la Faïencerie de Longchamp. Ce qui n’est pas tellement étonnant si on se souvient que Marcel et Robert Charbonnier ont déposé un brevet d’impression sur faïence en 1877.

Citons également la très belle statuette qui illustre cet article et qui faisait l’objet de la photo-mystère du mail de Gaëtan en juillet dernier. Il s’agit d’une œuvre d’Henriette Charbonnier (alias “Tante Riri »), représentant sa tante, Claire Charbonnier.

 Les Dévé sont les descendants directs de Claire Charbonnier (fille de Victor et sœur de Robert) et Charles Bercioux. Leur fille, Alexandrine, est la cousine germaine d’Edouard et d’Hélène (Bonne-Maman) (cf tableau Charbonnier)

Mais Charles Bercioux étant également le père de Caroline (épouse de Robert), Alexandrine se trouve aussi être la demi-sœur de Caroline, donc la tante d’Edouard et d’Hélène ! (cf tableau Bercioux)

Pour faciliter la compréhension des liens familiaux, vous trouverez un tableau de cousinage – ne pouvant bien sûr y faire figurer tous les cousins, nous en avons choisi un par branche. (cf tableau cousinage)

Enfin, de façon à  présenter les cousins Dévé à leurs cousins Moisandnous vous proposons un arbre descendant d’Alexandrine Bercioux et son mari, Charles Dévé. (cf tableau descendance Dévé)

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descendance V.Charbonnier b    descendance Victor Charbonnier

 descendance C.Bercioux c   descendance Charles Bercioux 

  Descendance Dévé 001b   descendance Dévé                    

   tableau cousinage 001b   cousinage

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 091c LE COIN DES ANCÊTRES

                                       Destins et anecdotes

 

 A l’initiative de Geneviève Moisand, nous tenons cette rubrique depuis le  bulletin n° 15.

Après avoir retracé la vie du capitaine Dumas et  celle de Charles Bercioux dans les deux précédents bulletins,  Geneviève évoque ici  un de nos ancêtres qui a toute sa place dans ce bulletin spécial Dévé puisqu’il est notre ancêtre commun à tous, que nous soyons Charbonnier, Dévé, ou Moisand.

 Photo de titre : un de nos très lointains ancêtres (!?), gravure rupestre aborigène, Ubirr, Australie

 

 

dévé003c Victor Charbonnier, notre ancêtre commun

                            Geneviève Moisand

 

Victor Charbonnier est l’ancêtre commun le plus proche des trois branches, Charbonnier, Dévé et Moisand.

Né à Dijon en 1801, il est le fils d’un avocat, membre de l’académie de Dijon, et de la fille d’un maître de forges de Pontailler-sur-Saône.

A l’âge de 21 ans, il embrasse la carrière militaire en s’engageant, avec son frère Frédéric qui en a 19, dans le régiment des Chasseurs à cheval de la Garde Royale. En 1823, il participe à l’expédition d’Espagne pour la restauration du Roi Ferdinand VII.

Il devient rapidement sous-officier au 2ème régiment de Carabiniers, puis, le 24 décembre 1828, il est nommé garde du corps de 3ème classe, avec le grade de sous-lieutenant, au sein de la Cie de Gramont (une des 4 compagnies de gardes du corps du Roi).

Il sert fidèlement Charles X jusqu’à son abdication, le 11 août 1830, et même ensuite, puisque, licencié avec solde de congé, il l’accompagne quelques temps dans son exil en Angleterre. Rentré en France, il reprend du service, en mars 1831, au 10ème Dragons, régiment avec lequel il fait 3 années de campagnes dans l’armée du Nord, notamment contre le prince d’Orange.

En 1835, à 33 ans, Victor épouse à Paris Julie Bisson âgée de 23 ans, elle-même fille du capitaine Charles Bisson et nièce du lieutenant-colonel Régis Dumas. Elle est également la petite-fille du capitaine Joseph Dumas (ce soldat de Napoléon qui a fait l’objet d’un précédent article dans le Chardenois).

Les jeunes mariés s’installent tout d’abord dans la banlieue de Tours où Victor est en garnison, et c’est là que naît leur fille aînée Claire. 3 ans plus tard, Marcel naît rue de Lille à Paris, où Victor est alors capitaine, toujours au 10ème Dragons.

Malheureusement, en 1842, une malencontreuse chute de cheval met un point final à sa carrière militaire active. Grièvement blessé à la jambe gauche, Victor marche en effet difficilement et ne peut plus monter à cheval. Nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1845, son dossier indique qu’il a été « mis en non activité pour infirmité temporaire » en 1844.

Dans la même période, de tristes évènements endeuillent la famille : un petit garçon, Rodolphe, né en 1843, décède dans sa première année. Et puis, en 1845, c’est Frédéric, le jeune frère de Victor, qui meurt à 42 ans à l’hospice des aliénés de Dijon où il était entré 4 mois plus tôt.

Peu de temps après, Victor quitte Paris pour la Bourgogne et semble reprendre du service à Dijon. Julie demeure alors à Vougeot chez une de ses tantes, avec ses enfants, sa mère, et une petite cousine, Désirée Mauger, dont je reparlerai plus loin. Elle y attend la naissance de son dernier fils, Robert.

En 1849, Victor rédige un premier testament olographe dans lequel il institue Julie sa légataire universelle. Il ne tarit pas d’éloges sur elle, parlant de « sa femme bien aimée », de « sa Juliette chérie », de « l’excellente et digne mère de ses chers enfants ». Il s’en remet avec confiance à « son impartialité, son tact, son bon jugement, pour qu’elle fasse à leurs enfants une part égale de la petite fortune qu’il leur laisse », et souhaite qu’elle en conserve à vie l’usufruit total.

Mais, trois ans plus tard, alors qu’il est venu s’installer à Versailles avec sa femme et sa belle-mère Henriette Dumas, c’est Julie qui décède la première, le laissant avec 3 enfants dont le dernier, Robert, n’a que 6 ans. Henriette ne survit qu’un an à sa fille et Victor établit un nouveau testament en « recommandant son âme à Dieu, voulant vivre et mourir dans la pratique et avec le secours de la religion dans laquelle il est né, son cœur l’ayant devancé dans la tombe près de la femme si vertueuse et si douce qu’il a tant aimée ». Et il nomme Désirée Mauger « sa chère et vieille amie » co-tutrice de ses enfants s’il venait à disparaître.

Frédéric Charbonnier-3 Désirée a en effet toujours été très proche de Julie et Victor, elle n’a que 2 ans de moins que sa cousine, et autrefois, elle a été fiancée à Frédéric, le jeune frère de Victor. Le mariage n’a finalement pas eu lieu et Désirée est restée célibataire. Elle est en outre la marraine de Robert auquel elle restera toujours très attachée et auprès duquel elle vivra les dix dernières années de sa vie.  (photo en tête de ce § : portrait de Frédéric Charbonnier)

C’est donc Désirée qui vient s’occuper des enfants de Victor après la mort de leur mère et de leur grand-mère.

Victor vivra encore longtemps, d’abord à Versailles, puis de nouveau à Paris, puisqu’il assistera au mariage de sa fille Claire avec Charles Bercioux en 1866.

Domicilié dans un des appartements de son gendre, 53 rue Cler, Il s’éteint à 65 ans quelques mois après le mariage de sa fille alors qu’il se trouvait momentanément chez son fils Marcel, dans les Vosges, où ce dernier était directeur des forges de la Hutte près de Darnoy.

En 1851, son dossier militaire précisait que ses ressources annuelles personnelles, hors appartements, s’élevaient à 3000 frs. Ce dossier indiquait aussi qu’il était « capable et instruit, connaissant bien son métier, et possédant un physique très robuste sauf l’accident qui avait causé son départ du service actif ».

Sa succession laisse à chacun de ses 3 enfants une somme de 23.000 Frs, principalement en actions et obligations, ce qui va permettre à Marcel et Robert d’acheter, quelques mois plus tard, la faïencerie de Longchamp au prix de 42.000 Frs.

 

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 La photo de titre fait partie d’un album de la famille Dévé

La photo ci-dessus est  la reproduction d’un portrait photographique imprimé sur carreau de la Faïencerie de Longchamp, probablement dans les années 1880 

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Biarritz au roulage à brisbane Le premier vol Paris-Nouméa : le “raid fou”

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                                                           Bertrand Dévé

 

En 1932, l’aviation en est encore à son époque héroïque. Depuis la Grande Guerre, c’est l’ère des grands raids avec ses héros devenus légendaires : Mermoz, Lindbergh, Nungesser et Coli, Kingsford Smith, des hommes d’exception dont le courage et la témérité sont salués par tous. Pourtant, le 5 avril 1932, le trimoteur Couzinet 33.01 “Biarritz”, avec à son bord le pilote Charles de Verneilh, le radionavigateur Max Dévé et le mécanicien Emile Munch, se posait en Nouvelle-Calédonie, clôturant ainsi la première liaison aérienne Paris-Nouméa.

 Le Couzinet 33.01 ressemblait à l’Arc en Ciel 70 de Mermoz mais en deux fois plus petit. Equipé de trois moteurs anglais  de Havilland de 105 CV, il pesait à vide 1600 kg et avait un train d’atterrissage caréné.  Sa construction était en bois. Sa dérive  dite en « queue de poisson » lui  donnait  une  certaine élégance. Il n’avait pas de frein ni de démarreur et possédait des hélices en bois à pas constants. Sa vitesse de croisière était de 190 km/h. On a dit de lui que c’était  un avion très en avance sur son temps : dans sa conception, c’était indéniable,  mais il était très rustique dans sa réalisation.

Dans une 1ère partie, Bertrand Dévé  retrace les grandes étapes de cette aventure,  à l’aide des notes prises par son père, sur ce prototype qui n’avait que 28 heures de vol ! 

Dans une 2ème partie, Bertrand évoque les suites du raid (les fêtes à Nouméa, les retombées médiatiques de l’époque, etc…) et rend hommage à la mémoire de son père.

(image de titre : le Biarritz au roulage sous la pluie à Brisbane – aquarelle de Tiennick Kerevel, peintre officiel de l’air)

 

 

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Carton  BLEU baptême Biarritz b  Le premier vol Paris-Nouméa -  1ère Partie : le raid 

        ( photo : le carnet de baptême du Biarritz)

 

 

Equipage c_devant_Biarritz,_Le_Bourget,_1932_modifié-1  L’équipage et la préparation du raid

(photo : E. Munch, M. Dévé, Ch. de Verneilh devant le Biarritz – Le Bourget 1932)

 

C’est à Charles de Verneilh-Puyrazeau que revient l’initiative du raid. Ce gentilhomme périgourdin, pionnier de l’Aéropostale et pilote de guerre, rêve de vols au long cours inédits, Il découvre un trimoteur révolutionnaire conçu par René Couzinet, un jeune ingénieur de 27 ans. Il est séduit, rencontre le constructeur qui accepte de mettre à sa disposition cet appareil. Avec l’aide des habitants de la ville de Biarritz, il parvint à réunir les fonds nécessaires au financement de la construction de l’avion et du raid. Le prototype du Couzinet 33, troisième modèle de la série des “Arc en Ciel” prendra donc pour nom celui de “Biarritz”. De Verneilh décide d’aller « cueillir la rose du Pacifique », la Nouvelle Calédonie, soutenu dans son projet par le gouverneur de Nouvelle-Calédonie, Joseph Guyon, rencontré à Paris.

Le capitaine Max Dévé connaissait de Verneilh depuis la Grande Guerre. Ils firent partie de la même escadrille sur les fronts français et russes en 1916. Pilote militaire, mais surtout professeur de navigation à l’Ecole Militaire et d’application de l’Aéronautique (Versailles et Villacoublay), le capitaine Max Dévé est en 1932 « la » référence en matière de navigation aérienne. Il obtint pour le raid un congé spécial. Il avait ainsi la possibilité de mettre en pratique à grande échelle les cours qu’il dispensait.

Emile Munch, mécanicien navigant chez Couzinet où il avait participé à la construction du « Biarritz », complétait l’équipage. Intelligent et débrouillard, il était compétent aussi bien sur la cellule que sur les moteurs.

Les trois acteurs de ce raid, qui avaient pratiquement le même âge (38/39 ans), se complétaient parfaitement et avaient une entière confiance dans les compétences des uns et des autres.

Les renseignements sur les aérodromes et sur les terrains de secours furent recueillis avec de grandes difficultés : il n’y avait pas encore de service d’information aéronautique, service que devait créer quelques années plus tard le colonel Max Dévé. Les meilleures indications étaient celles fournies par les compagnies de distribution de carburant. Les cartes disponibles étaient la carte aéronautique internationale (Mercator), la carte internationale du monde au 1/1 000 000 et quelques cartes au 1/4 000 000 et 1/10 000 000.

L’équipement radio se limitait à un émetteur fonctionnant seulement en graphie (morse), la navigation  se faisait sans aide radio, donc uniquement à l’estime et à l’astronomie. Les instruments de navigation comprenaient deux compas magnétiques ( un horizontal et un vertical), un altimètre, un anémomètre, un cinémo-dérivomètre et un sextant à bulle.

Avec un rayon d’action de 4500 km, le Biarritz était capable en cinq étapes de relier Paris à Nouméa éloignés d’environ 22 000 km. Mais ce calcul ne tenait pas devant la réalité, l’avion étant limité par la longueur et l’état des terrains, qui lui interdisait souvent tout ravitaillement. De plus, aucune piste n’était balisée pour les atterrissages de nuit. 

Les revues  aéronautiques de l’époque parlent d’un itinéraire souple qui prévoyait un survol de l’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, de l’Asie, des Indes Néerlandaises, de l’Australie et de l’Océan Pacifique. Le journal “Les Ailes” du 10 mars 1932 prêtait même à de Verneilh l’intention de poursuivre vers le Japon et les USA ; le tour du monde en quelque sorte. Quoiqu’il en soit, le but essentiel restait la liaison Europe-Nouvelle-Calédonie : la petite France des antipodes n’a encore jamais vu un avion français, exception faite d’un hydravion du croiseur « Tourville » en 1930.

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Biarritz  point fixe2 b  Le grand départ

(photo :le Biarritz au point fixe avant décollage)

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La première étape envisagée était le Bourget-Tunis, mais à cause de très mauvaises conditions météorologiques au début de mars 1932, il fut décidé d’aller à Istres attendre un temps favorable sur la Méditerranée et l’Afrique du Nord. Après avoir décollé vers 13 heures sous des giboulées de neige, l’avion poussé par le mistral dévala la vallée du Rhône à 300 km/h et atterrit à Istres où il fallut l’aide de plusieurs hommes pour l‘immobiliser.

 Le 9 mars, avant l’aube le « Biarritz » s’envola et atteignit Tripoli en un peu plus de 8 heures. Au cours de ce vol il perdit l’un de ses « cônes d’hélice » à 1′atterrissage ; l’équipage s’aperçut que les deux autres ne tenaient plus, aussi furent-ils supprimés,  ce qui diminua quelque peu la vitesse de l’avion. Le lendemain, au petit jour, alors que les moteurs étaient essayés au point fixe, les boisseaux des carburateurs se coincèrent sous l’effet du sable aspiré par le vent des hélices. Plusieurs heures furent nécessaires pour réparer, et le départ dut être reporté au jour suivant.

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Biarritz vu de haut b Les escales au Moyen-Orient et en Extrême-Orient

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Le 11 mars, l’étape Tripoli-Le Caire fut effectuée sans  escale en 10h30. Un aide-mécanicien de l’aérodrome d’Héliopolis creva malencontreusement une aile en faisant le plein d’essence : la réparation retarda de nouveau l’envol de 24 heures.

De multiples incidents mécaniques marquèrent les  étapes suivantes. Munch, le mécanicien n’avait guère le temps de s’amuser aux escales : le problème majeur fut une montée de la température d’huile au fur et à mesure que la latitude baissait. 1l y fut remédié par des aérations supplémentaires.

L’escale suivante fut Bassorah. Le 14 mars, il avait été prévu d’aller directement à Karachi, mais, ayant décollé avec retard de Bassorah, le jour retardant d’une heure, il devint impossible d’atteindre Karachi avant la nuit. Aussi, ayant les coordonnées d’un terrain de secours à Gwadar (Baloutchistan), il fut décidé de s’y poser après un vol de 9 h 30 dans des  conditions éprouvantes à cause des remous et de la chaleur.

Les étapes suivantes furent Karachi, Allahabad et Calcutta. Partant au lever du jour, le « Biarritz » atterrissait au milieu de l’après-midi, ce qui permettait à l’équipage d’accomplir les formalités, d’avoir un entretien avec les services météorologiques et de procéder à diverses opérations de vérification ou de réparation.

Le 19 mars, le décollage de Dum-Dum, aérodrome de Calcutta, fut acrobatique en raison de l’exiguïté du terrain : bien qu’ayant pris peu d’essence, seule l’habileté de de  Verneilh évita la catastrophe: l’avion passa entre deux « décors ». Pour la première fois depuis la Tunisie, le « Biarritz » rencontra des nuages qui devinrent de plus en plus importants en allant vers le sud. L’étape qui devait être courte  à cause de la faible quantité d’essence emportée, se termina à Akyab en Birmanie après 3 h 30 de vol. L’avion y resta deux heures sous une chaleur torride et en fin d’après-midi arriva à Moulmein toujours en Birmanie sur un terrain dépourvu de toute installation. Des religieuses françaises, au milieu de quelques Anglais et d’indigènes, furent très émues de rencontrer des aviateurs français, elles qui n’avaient pas vu la France depuis dix ou vingt ans.

A l’escale suivante, Alor Star, capitale de l’Etat malais de Kedah, l’équipage fut accueilli et reçu par le fils du sultan de cet Etat. Le 21 mars, l’avion survola le détroit de Malacca et, après 10h30 de vol, atterrit à Batavia (Djakarta). Ce fut l’étape la plus dure de tout le voyage, en raison du mauvais temps, et la plus éprouvante pour le pilote du fait de la violence des remous avec l’obligation pendant de longs moments de voler à quelques mètres au-dessus des vagues. « C’est un scandale » (sic) disait Munch selon son expression favorite !

En effet, pendant les sept premières heures, de gros grains s’étaient succédé, séparés par de courtes éclaircies découvrant un soleil de plomb ; l’avion se faufila entre d’impressionnants nuages noirs changeant constamment de cap, ce qui rendit difficile la navigation à 1′estime. Le navigateur avait annoncé à ses compagnons que l’Equateur serait franchi vers midi ; comme c’était le jour de l’équinoxe au passage de la ligne, le soleil serait presque exactement à la verticale : une courte éclaircie permit de le constater. Les remous ne permirent toutefois pas de sabler le champagne. Les masses nuageuses s’estompèrent à environ 400 km de Java. Le «Biarritz » grimpa à partir de 2000 m, les montagnes de la grande île à 300 km en avant se dessinèrent sur l’horizon. C’était la première fois qu’un avion français atteignait l’île de la Sonde.

L’appareil avait besoin d’une révision sérieuse, à laquelle  Munch procéda avec l’aide des ateliers de la KLM. En particulier, les « chapeaux de clown »,  nom donné par l’équipage aux casseroles d’aluminium perdues au début du voyage furent remplacés par de petits hémisphères en aluminium qui furent aussitôt baptisés « petits seins de danseuses de Bali ».

Le 23 mars, ce fut l’étape la plus agréable du voyage avec un ciel découvert et un spectacle splendide : Java dominée  par une chaîne montagneuse, parsemée de volcans de plus de 3000 m. Après avoir survolé Bali, puis Lombok, l’avion atterrit à Bima (ile de Soembawa) où en fin de roulage, il s’enlisa le terrain étant en partie inondé.

Le lendemain, décollage difficile sur une piste détrempée. Plusieurs orages amenèrent l’avion  au ras des flots. Après 3h 40 de vol, atterrissage sur le terrain de Koepang dans la partie néerlandaise de Timor. De nouveau, les roues s’enlisèrent : le capotage fut évité de justesse et il fut impossible de poursuivre la route, le jour même, vers l’Australie, comme prévu. 

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IMG_0605b En Australie

(photo : fin d’atterrissage à Brisbane – Max Dévé émerge du cockpit) 

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Des pluies diluviennes mirent en échec plusieurs tentatives de départ et le surlendemain le « Biarritz » put enfin décoller cap sur Port Darwin, qu’il atteignit après 6h30 de vol à l’issue d’un voyage de 800 km au-dessus de la mer.   Pour la première fois un avion français venant de France se posait en Australie. Le ministre de la Défense Nationale d’Australie félicita l’équipage par télégramme et l’accueil fut très chaleureux.

La traversée de l’Australie, de Darwin à Brisbane, fut effectuée par de petites étapes de 3 à 6 heures. Le jour de Pâques, courte étape qui mena le « Biarritz » jusqu’à New Castle Water, les possibilités en ravitaillement d’essence étant extrêmement réduites, l’étape suivante fut également courte, les conditions météorologiques furent très dures pendant toute la durée de la traversée de l’Australie : grains et chaleur accablante, 38° dans la cabine. Le navigateur s’efforçait de tirer le meilleur parti d’une carte au 1/4 000 000 et de croquis à l’ozalid difficiles à interpréter; pendant ce temps, de Verneilh se battait avec les commandes et Munch s’exclamait : « C’est pas marrant votre truc ! Quel scandale ! »

Escale à Brunette Down en milieu de journée pour prendre un peu d’essence et poursuite du voyage vers Cloncurry. Après 4 h de vol pénibles, le moteur droit laissa échapper de l’huile. Malgré cela, Camoowal, terrain de secours à 300 km à l’ouest de Cloncurry,  fut rejoint sans encombres. Le réservoir d’huile du moteur était presque vide à cause d’une fuite dans une canalisation que Munch put réparer facilement.

Le lendemain, après 6 h 30 de vol, Longreach fut atteint et le 30 mars le « Biarritz » se posa à Archerfield à une quinzaine de kilomètres de Brisbane : l’avion était à pied d’oeuvre pour l’ultime étape de 1500 km sans escale. Il avait volé 126 h depuis le Bourget. Une révision sérieuse s’imposait: il fallait, en particulier changer les hélices endommagées par la pluie. Plusieurs réceptions furent organisées pour l’équipage et, par deux fois, il fut interviewé à la radio.

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Cockpit Biarritz Max DV b De Brisbane à Nouméa

(photo : Ch. de Verneilh et M. Dévé dans le cockpit du Biarritz)

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Le 1er avril, après un vol d’essai, l’appareil est prêt, mais les conditions météorologiques retardent le décollage. Le 5 avril, au matin,  le temps s’améliore progressivement vers la Nouvelle-Calédonie, seule difficulté : un vent contraire variable tout le long du parcours. Sur 1′aérodrome où tombe une petite pluie fine, il fait presque froid.

Une discussion s’engage entre le pilote et le navigateur:

- Est-ce que tu peux décoller de ce terrain détrempé?

- Oui, mais ne crois-tu pas le temps trop moche pour 1′étape?

- Non, çà se dégagera peu à peu. Allons-y ! Dans deux ou trois heures, nous aurons un temps potable.

- Inch Allah! dit de Verneilh. Nous partons !

Il est 5 h 30, toute la longueur de la piste est nécessaire au « Biarritz » pour décoller, rasant quelques obstacles, le cap est aussitôt mis sur la Nouvelle-Calédonie ; le survol de la Grande Barrière de Corail permet une mesure de dérive et de vitesse-sol. Pendant plus de 2 heures, l’avion évolua entre la mer et  les nuages bas, dans la pluie, puis peu à peu le ciel s’éclaircit.

Dès le départ, le cap avait été pris pour aller directement sur Nouméa : mais la ville étant située au sud de l’île, une petite erreur vers la droite risquait de faire manquer la terre. Or, des bancs de nuages, qu’il fallait contourner, obligèrent l’avion à changer plusieurs fois de direction, ce qui nuisait à la précision de l’estime, d’autant plus que les mesures du cinémo-dérivomètre étaient incertaines. Le navigateur estima alors prudent de prendre un cap  de 3° plus à gauche, ce qui devait permettre d’arriver avec certitude sur  le milieu de l’île.

A partir de la quatrième heure, le ciel se découvrait progressivement. Un point estimé était envoyé toutes les heures. 7 h 30 après le départ, Max Dévé estima l’avion à moins de 300 km de la Nouvelle Calédonie. Les montagnes s’élevant à 1500 m, et se souvenant des magnifiques visibilités de 200 à 300 km dans les îles de la Sonde, il envoya par radio, avec la position estimée, le message « comptons bientôt voir terre ». De Verneilh crut distinguer des montagnes, mais ce n’étaient que des nuages. Une heure plus tard, Dévé transmettait : « Ne voyons toujours pas la terre » et donnait un point estimé à 150 km de la côte.

Le ciel s’est dégagé, les trois « moulins » tournent bien, les minutes paraissent des heures, Dévé refait ses calculs et s’assure que de Verneilh ne se relâche pas dans la tenue du cap ; il est sûr de sa route mais moins de la vitesse-sol. Munch et de Verneilh commencent à douter des calculs du navigateur, qui demande au pilote de modifier sa route de un degré. Munch demande à Dévé : « On a manqué l’île ? » Dévé lui répond: « Naturellement, mais ça ne fait rien, on trouvera l’Amérique ! ». Munch se plonge alors dans la lecture d’un journal de sports, en ruminant un nouveau «scandale». En fait, pilote et mécanicien ont une entière confiance dans le navigateur.

Au bout d’une nouvelle heure, la terre n’est toujours pas en vue; le point  situe la côte à 50 km. Dévé demande à de Verneilh de descendre très bas afin de prendre une heure de soleil au sextant. La manoeuvre est à peine commencée que de Verneilh crie « Terre » !  En moins de deux minutes dans la grisaille d’un ciel un peu plus nuageux, une chaîne de montagnes emplit l’horizon.

L’avion atteint l’île comme prévu, en son milieu dans la région de Bourail. Dévé, hors vacation, envoie le message « Atterrissage dans 20 mn à Tontouta »  et 5 mn après le « Biarritz» survole la barrière de corail. L’équipage aperçoit une rivière dans la plaine, c’est la Tontouta dont le nom est écrit en blanc dans un grand cercle au centre de l’aire prévue pour l’atterrissage. Une fumée indique la direction du vent et une foule considérable attend en bout de terrain. Le « Biarritz » effectue son approche, mais en finale, à 3 ou 4 m du sol, son aile droite heurte un arbre en bordure du terrain. L’extrémité de l’aile est cassée, l’avion fait un brusque écart à droite, pique du nez, se met en pylône. L’équipage, un peu choqué, mais indemne, est alors acclamé par une foule enthousiaste, conduite par le gouverneur général Guyon entouré de toutes les autorités civiles, militaires et religieuses de l’île.

Plus tard lorsqu’il parlait du raid, Max Dévé aimait à dire que « l’atterrissage manqua de dignité ». Pourtant, le journal local « la France Australe » avait écrit à ce sujet le lendemain : «  Une blessure ne peut qu’augmenter les risques et donc la gloire du Triomphe, celui-ci est complet ! » 

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Photomontage_Raid_Paris-Noumea cv

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Biarritz3 expo Grand Palais 1933 Le premier vol Paris-Nouméa – 2ème Partie : Après le raid

(photo : le Biarritz à l’expo du Grand Palais de 1933 porte sur la bande tricolore de fuselage les 21 étapes du raid)

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MaxDEVE&Charlotte Guyon c L’accueil à Nouméa

(photo : Max Dévé et la fille du gouverneur de Nlle-Calédonie, Charlotte Guyon, lors d’une réception à Nouméa)

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Fêtes et réceptions se succèdent à Nouméa pendant plus de trois semaines. Les trois aviateurs sont invités partout, tant par les officiels que par les particuliers, sans oublier les visites dans les écoles où les jeunes élèves leur dédient des poèmes admiratifs et émouvants….

Deux timbres spéciaux de 0,40 francs et 0,50 francs furent émis. L’équipage reçut de métropole un télégramme de félicitations du gouvernement.

La presse locale (La France Australe, Le Bulletin du Commerce, L’Echo de La France Catholique) publie de multiples reportages enthousiastes sur le raid ainsi que des interviews des trois aviateurs. La Nouvelle Calédonie, grâce à « ce grand oiseau venu du ciel », se sentait enfin reliée à la France sa mère-patrie…A la une de la France Australe du 5 avril 1932, le journaliste Charles Desmazières s’enthousiasme du succès de cette « randonnée » :

Salut aux aviateurs venus de France !

Salut au capitaine de Verneilh, l’animateur de la randonnée !

Salut au capitaine Dévé et au mécanicien Munch, ses compagnons !

Salut aux belles ailes françaises venues jusqu’à nous !

Salut à la Patrie venue jusqu’à sa colonie lointaine !

Nous avons enfin la visite de l’un de ces beaux avions français qui émerveillent le monde

et dont nous avons tant et si longtemps souhaité la visite.

Enfin ! Enfin !

 

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DSCN3869 b LeMatin 06avril32 Le retentissement en métropole

 (photo : la Une du journal Le Matin 6 avril 1932)

 

En France, de nombreux journaux nationaux évoquèrent en Une l’exploit du Biarritz : le Journal, Paris-Soir, L’Ami du Peuple, le Matin, L’Excelsior, le Petit Parisien évoquèrent  « le triomphe de l’aviation française » « la splendide performance de l’avion Couzinet-Biarritz », entre autres. 

Le 15 avril 1932, on put lire dans le magazine officiel de l’Aviation Française « l’Air » que  les Anglais avaient baptisé ce voyage  le “raid-fou”  parce qu’ils estimaient qu’avec un prototype  Couzinet, de Verneilh  et Dévé ne pourraient pas rivaliser avec leurs lignes régulières orientales comportant des relais d’avions et d’équipages. Le  “raid-fou” est dans le genre du  “fool-flyer” Lindbergh.

 « L’incroyable a été réalisé », pouvait-on lire encore  dans ce magazine qui ajoutait : « Nous sommes heureux d’enregistrer ce succès qui donne à de Verneilh, Dévé et Munch la place à laquelle ils ont droit parmi les grands champions et permet au jeune trimoteur Couzinet de se révéler comme un des appareils les plus remarquables, et le constructeur n’avait que 27 ans ! ».

A leur retour  à Paris, l’équipage fut reçu avec tous les honneurs à l’Aéroclub de France par le ministre l’Air Paul Painlevé. De Verneilh et Dévé s’étaient pourtant vu refuser les aides financières de l’aéronautique française pour la réalisation du raid !

Quant à l’avion, il  fut démonté et expédié par cargo vers Marseille via Panama. Il sera réparé dans les ateliers Couzinet, puis il sera présenté au Salon de l’aviation au Grand Palais à Paris en 1933, avec la liste des escales qui ont jalonné le raid de 1932. Il connaîtra une deuxième carrière aux mains de Charles de Verneilh et de Jean Mermoz : Afrique, Russie, Scandinavie entre autres. 

 

Monument_inauguration_stele b Après 1932

photo : 80 ème anniversaire du raid devant le monument à la mémoire du Biarritz  - Bertrand Dévé - Marie-Odile Dévé son épouse – Anne-Marie Palmeirao-Dévé, fille de Max Dévé – Mathias Palmeirao – trois élèves d’une école de Païta – Erick David, président de l’APPAC (Association pour la Préservation du Patrimoine aéronautique Calédonien)

 

En 1937, un monument à la mémoire du Biarritz et de son équipage fut érigé en bordure du terrain de Tontouta, où l’on peut toujours l’admirer : il représente deux ailes déployées au-dessus d’un globe et une plaque de cuivre reproduisant les quatre continents traversés et mentionnant les étapes du raid. Un timbre et une enveloppe premier jour ont été émis à l’occasion du cinquantenaire du raid en 1982. Trois rues de Nouméa portent le nom des trois aviateurs Charles de Verneilh, Max Dévé et Emile Munch.

Le 5 avril 2012, pour le 80e anniversaire du raid du Biarritz, et en présence de descendants de Max Dévé, une plaque commémorative a été apposée sur le socle du monument, précisant les exploits réalisés par l’équipage du Biarritz. Ce même jour, le raid faisait la « une » du quotidien « les Nouvelles calédoniennes » et était l’objet de reportages à la télévision locale.

86 années ont passé…et la mémoire du raid du Biarritz est toujours présente à Nouméa. Les progrès de l’aviation ont été considérables depuis l’époque des pionniers qui était celle des années 30, et nombreux sont maintenant les avions qui atterrissent à l’aéroport international de Tontouta. La démocratisation de l’aviation bénéficie dorénavant de plus en plus des technologies les plus avancées, qui permettent de faire Paris-Nouméa en quelque 24 heures dans de bonnes conditions de confort.

Mais imaginons nos trois aviateurs du « Biarritz », enfermés de longues heures dans un fuselage étroit, où la chaleur était très élevée et le bruit des moteurs assourdissant, sans contact radio avec le sol, survolant des contrées et des mers où, en dehors des escales programmées de longue date, atterrir était impossible…Imaginons leurs doutes, leurs questionnements, mais aussi leur esprit d’équipe et leur volonté de réussir… 86 ans après, leur exploit force encore l’admiration : saluons donc  leur témérité, leur endurance , leur courage et leurs compétences.

 

Max DEVE devant Biarritz c Hommage à mon père et travail de mémoire 

(photo : Max Dévé devant le Biarritz)

 

Mon père Max Dévé (1893-1976) était quelqu’un de modeste, qui aimait raconter son histoire et sa vie, mais à condition qu’on le lui demande. Lors du raid de 1932, il avait 39 ans et était célibataire. Il épousera en 1935 Odette Dufresne, de 17 ans sa cadette, avec laquelle il aura 6 enfants. Je suis le 5 ème de la fratrie, et j’ai de nombreux souvenirs des tablées familiales où chacun essayait de s’exprimer. Mon père ne parlait pas de ses « exploits », surtout ceux réalisés avant que ma mère ne partage sa vie. Nous savions tous, mes frères et sœurs et moi, que le raid Paris-Nouméa avait été un exploit, mais je suis le seul de nous six à avoir été, très tôt, passionné par l’aviation,  au point de passer mon brevet et ma licence de pilote privé. C’est pourquoi j’ai cherché, dès 1982, c’est-à-dire 6 ans après le décès de mon père, à retrouver la trace de l’exploit de 1932 en allant une première fois à Nouméa pour le 50 ème anniversaire du raid, et j’ai pu, entre autres, remettre en mains propres au conservateur du musée de Nouméa le seul film de l’atterrissage du Biarritz, réalisé par un américain, et que nous n’avons découvert qu’en 1957. Sur le plan familial, j’ai pu, à cette occasion, renouer avec ma cousine Chantal Charbonnier, mariée à Hubert Chavelet, directeur d’un journal local : ils m’ont hébergé fort agréablement pendant mon séjour.

 Ensuite ce sont les hasards de la vie qui ont permis d’aller plus avant dans notre connaissance de l’histoire de ce raid, afin de perpétuer sa mémoire. Quelques mois après ma prise de retraite, en novembre 2010, j’ai été envoyé en mission auprès du gouvernement calédonien, et mon épouse Marie-Odile a pu m’accompagner. Grâce à ses recherches et à ses contacts, nous avons fait des rencontres extraordinaires : trois calédoniens qui avaient assisté, enfants, à l’atterrissage du Biarritz ! Puis deux pilotes privés calédoniens, qui se préparaient pour refaire le parcours du « Biarritz » avec leur « Spirit of Nouméa ». Enfin le président de l’Association pour la Préservation du Patrimoine Aéronautique Calédonien, qui commençait à travailler sur le 80 ème anniversaire prévu en mars 2012…

De retour en France, nous avons rassemblé tous les documents relatifs au raid, éparpillés dans la famille, et nous avons commencé un vrai travail de mémoire. Nous avons mis au point une conférence sur l’histoire de ce raid, complété par un powerpoint. Nous avons donné cette conférence un certain nombre de fois en France, ainsi qu’à Nouméa : la première fois en avril 2012 pour le 80 ème anniversaire,  la dernière fois en mars 2015 à l’invitation de l’Armée de l’Air.

Je reste très admiratif et impressionné par ce raid Paris-Nouméa, réalisé par des personnalités très différentes. Charles de Verneilh se tuera en 1933 aux commandes de son « Biarritz » dans le Morvan, par excès de confiance en lui. Emile Munch poursuivit sa très belle carrière de mécanicien navigant. Quant à mon père Max Dévé, ce « héros très discret », il a poursuivi une carrière militaire exceptionnelle, puis dans l’aviation civile…mais je vous en dirai plus dans le prochain numéro du Chardenois ! 

 

 Dessins Biarritz c Dessins Biarritz c

Dessins Biarritz c

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Pour en savoir plus sur le raid, nous conseillons à nos lecteurs de regarder et d’écouter la conférence donnée par Bertrand Dévé au Musée de l’Air le 26 avril 2014, en cliquant sur le lien ci-après : url.html et de consulter  la rubrique  « raid Paris Noumea 1932 » sur Wikipedia en cliquant sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Raid_Paris_Nouméa_1932

 

 

 

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